Que faire après l’entretien d’embauche ?

Que faire après l’entretien d’embauche ? Bilan, remerciement, relance

Vous sortez d’un entretien d’embauche : et maintenant ? Beaucoup de candidats sous-estiment cette phase critique qui peut pourtant transformer un entretien correct en proposition d’embauche. Bilan, email de remerciement, relance : le Carrefour de l’Engagement Protestant vous propose les bonnes pratiques à adopter dans les jours qui suivent un entretien d’embauche.

Que faire après l’entretien d’embauche ?

Pourquoi le suivi après l’entretien est-il important ?

Le recruteur ne décide pas toujours sur place : il revoit ses notes, compare les candidats, prend conseil auprès de son équipe. Les jours qui suivent l’entretien sont donc une fenêtre stratégique pour rester présent à son esprit, lever d’éventuels doutes et montrer votre professionnalisme. À l’inverse, un candidat qui disparaît après l’entretien envoie un signal d’indifférence, y compris quand il a brillé pendant l’échange. Le suivi ne s’improvise pas : il se prépare au cours de l’entretien (en notant les noms de vos interlocuteurs, les délais annoncés, les points soulevés) et s’exécute dans les jours qui suivent.

1. Faire le bilan de l’entretien (auto-évaluation)

De retour chez vous, prenez 15 à 30 minutes pour faire un point à froid sur l’entretien. Notez :

  • Sur la forme : votre posture, votre rythme de parole, vos éventuels tics de langage, votre capacité à occuper le silence ou à le laisser au recruteur.
  • Sur le fond : les points sur lesquels vous avez bien valorisé votre profil, ceux où vous êtes resté flou ou hésitant, les questions auxquelles vous n’avez pas su répondre.
  • Sur les informations reçues : qui sont vos interlocuteurs, quel est le délai annoncé pour la réponse, quelle est la suite envisagée du processus, qu’avez-vous appris sur la structure et le poste.

Ce bilan vous servira à deux niveaux : pour préparer un éventuel second entretien dans cette structure, et pour vous améliorer dans vos futurs entretiens. Conservez ces notes : elles forment progressivement une base d’expérience précieuse.

2. Envoyer un email de remerciement dans les 24-48 h

Cet usage, encore minoritaire en France il y a quelques années, devient une bonne pratique attendue par de nombreux recruteurs. Le mail de remerciement remplit plusieurs fonctions :

  • Réitérer votre intérêt pour le poste et la structure.
  • Démontrer que vous avez saisi les enjeux discutés en entretien.
  • Apporter une information complémentaire utile : références demandées, document oublié, précision sur un point évoqué.
  • Vous remettre en mémoire au moment du choix final.

Quelques règles pour un mail efficace :

  • Soyez bref — quelques lignes suffisent. Ce n’est pas une seconde lettre de motivation.
  • Personnalisez — mentionnez un point précis évoqué pendant l’entretien pour montrer que vous étiez attentif.
  • Soignez le ton — professionnel, chaleureux, sans familiarité.
  • Adressez-vous nominativement à votre interlocuteur (et copiez les éventuels autres participants à l’entretien).

3. Quand et comment relancer sa candidature ?

Si le délai indiqué par le recruteur est dépassé sans nouvelles, vous pouvez relancer. Avant de le faire, vérifiez que vous respectez bien ce délai : relancer trop tôt peut être contre-productif.

  • Si le recruteur vous a donné un délai précis (« nous reviendrons vers vous d’ici 15 jours »), attendez ce délai puis ajoutez 2-3 jours de marge avant de relancer.
  • Si aucun délai n’a été donné : comptez en général deux semaines après l’entretien avant la première relance.
  • Privilégiez l’email à un appel téléphonique pour la première relance : moins intrusif, il laisse au recruteur le temps de répondre.

Le ton de la relance doit rester ouvert et courtois : ne montrez pas d’impatience, demandez simplement où en est le processus de recrutement.

4. Que faire si vous ne recevez aucune réponse ?

Le silence après un entretien est fréquent et frustrant, mais pas définitif. Si après deux relances espacées (la première à 2 semaines, la seconde à 4 semaines), vous n’avez toujours aucune réponse, il est probable que votre candidature n’a pas été retenue. Plutôt que de continuer à attendre :

  • Considérez cette piste comme suspendue et reprenez activement votre recherche.
  • Si la structure vous tient vraiment à cœur, n’hésitez pas à postuler à une autre offre quelques mois plus tard, ou à proposer une candidature spontanée sur un autre poste.
  • Cultivez le lien : vous pouvez par exemple suivre la structure sur LinkedIn, interagir ponctuellement avec ses publications.

Surtout, ne prenez pas le silence personnellement : il reflète souvent des contraintes internes (recrutement gelé, changement de priorité, recrutement interne finalement préféré) sans rapport avec votre profil.

5. Rebondir en cas de refus

Un refus motivé est une information précieuse : il vous donne des indications pour vous améliorer. Si le recruteur prend la peine de vous expliquer pourquoi votre candidature n’a pas été retenue, remerciez-le et notez les éléments objectifs (manque d’expérience sur un point précis, profil trop senior ou junior, etc.). Vous pouvez même demander un retour si on ne vous en a pas donné — la plupart des recruteurs répondent positivement à cette demande, à condition qu’elle soit formulée avec ouverture, sans contestation. Un refus n’est pas un échec : c’est une étape qui vous rapproche de la bonne opportunité.

Faut-il vraiment envoyer un email de remerciement ?

Oui, dans la grande majorité des cas. Selon plusieurs études RH, une majorité de recruteurs déclarent apprécier ce geste, et une minorité significative déclare en tenir compte dans leur décision finale. À l’inverse, très peu de recruteurs perçoivent négativement un mail de remerciement bien écrit. L’asymétrie joue en votre faveur : peu de risque à l’envoyer, un gain potentiel certain.

Combien de temps avant d’avoir une réponse après un entretien ?

Le délai varie fortement selon la structure et le poste :

  • Pour une PME ou une association de taille modeste : généralement 1 à 2 semaines.
  • Pour une grande structure ou un poste à forte responsabilité : 3 à 6 semaines, voire davantage.
  • Pour un recrutement à plusieurs tours d’entretiens : compter 2 à 3 mois au total est courant.

La meilleure boussole reste le délai annoncé par votre interlocuteur en fin d’entretien. Pensez systématiquement à demander cette information avant de partir : elle vous évitera bien des incertitudes par la suite.

Pour aller plus loin

Sources

Date de mise à jour :